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Et Néandertal jaillit de l'ordinateur.

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A Zurich, des paléontologues arrivent à donner un visage à la préhistoire.

Publié le 26/12/2000 à 8h30

Zurich envoyée spéciale

Il faudrait avoir passé des années chez les éclaireurs pour dénicher le laboratoire de Marcia Ponce de León. Ou «posséder un diplôme d'archéologie», s'amuse la chercheuse. A l'université de Zurich, le laboratoire de paléoanthropologie assistée par ordinateur est souterrain. Et pas un fragment d'os ne dépasse dans les couloirs. Avec Christoph Zollikofer, Marcia Ponce de León règne sur une salle informatique bourdonnante. Tous deux y clonent virtuellement des fossiles, des crânes infiniment fragiles, des fragments de mâchoires vieux de plusieurs millions d'années pour tenter de redonner un visage à l'homme de Neandertal. Sans paillasse, sans ADN, et sans aucun outil de la biologie moléculaire. Avec juste des radiographies, des ordinateurs doués et une entêtante odeur de résine chimique qui flotte dans la salle de moulage.

Elaborer

des squelettes virtuels

Ici, le crâne le plus précieux et toutes ses structures les plus complexes peuvent être reproduits en quelques heures. A l'identique et en plastique. «Nous avons cherché à déve lopper des techniques non invasives en paléontologie, explique Christoph Zollikofer, pour tirer un maximum d'informations du peu de fossiles dont on dispose en les touchant le moins possible.» Car un os qui a traversé des millions d'années sans encombre peut perdre deux à trois millimètres d'épaisseur au bout de quelques manipulations. Tous les morceaux de squelettes exposés dans la vitrine fermée à clé de leur laboratoire sont donc

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