C'est le réchauffement climatique vu par la mésange bleue. Qui risque d'y perdre ses couleurs. Dans la chaîne de la vie, le printemps en avance fait bourgeonner les arbres plus tôt et arriver les chenilles, nourriture de base des oisillons, avant la date habituelle. Mais si les oiseaux ne prévoient pas qu'ils devront se reproduire fissa pour rester en phase avec la nature, ils se retrouveront le bec dans l'eau en matière de nourriture. Les travaux publiés cette semaine par des scientifiques français (1), canadiens et anglais, montrent que si l'on n'est pas synchronisé avec son milieu, cela peut coûter cher.
Synchronisation. Lorsqu'ils ont commencé leurs études sur l'adaptation des oiseaux aux milieux naturels, Jacques Blondel et son équipe du CNRS du centre d'écologie de Montpellier ne pensaient pas aux effets du réchauffement climatique. Depuis 1970, ils observent à chaque printemps les mésanges bleues dans le Midi et en Corse. Deux régions proches mais différentes pour cet oiseau: en Corse, elles ont appris à vivre dans les forêts de chênes verts dominants, et la taille de la population est si grande que les possibilités génétiques d'adaptation sont plus importantes. Elles se reproduisent en juin, période où il y a le plus de chenilles.
Chaque jour pendant dix jours, la mésange pond un oeuf. Au dixième oeuf, elle couve durant quatorze jours, jusqu'à l'éclosion. Les jeunes quittent le nid au bout de trois semaines environ mais restent encore dépendants des parents quelque tem




