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Les babouins du Serengeti singent les hommes

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Publié le 05/04/2001 à 0h24

Dans la réserve de Serengeti, au Kenya, les babouins ont la vie tellement facile qu'ils stressent pour de futiles raisons : ils dépensent leur énergie dans les rapports sociaux, en gestion des rivalités et des systèmes hiérarchiques qui rappellent les comportements humains. D'ailleurs, ils développent les mêmes symptômes : ulcères d'estomac, hypertension, trop de cholestérol... C'est ce qu'a constaté Robert Sapolsky, professeur de physiologie de l'université de Stanford. «Ironiquement, les sociétés de babouins se comportent comme celles des hommes occidentaux. Nous sommes suffisamment privilégiés pour inventer du stress social et psychologique. Les babouins du Serengeti, qui ne travaillent que trois à quatre heures par jour pour se nourrir, sont également privilégiés. Cela leur laisse beaucoup de temps pour la compétition sociale, les coalitions, les bagarres, etc. Ils font des ulcères à cause de la complexité sociale.»

Depuis les années 70, Robert Sapolsky part chaque été étudier le comportement des babouins au Kenya. Un endroit où ils ne meurent pas de faim et où ils se trouvent rarement face à des prédateurs. Il a choisi de suivre par exemple Gary et Kenneth, des ex-numéros 2 dans la hiérarchie de leur groupe aux comportements diamétralement opposés.

Trop de pression. Gary ne rêve que de devenir le patron. Dès qu'un rival potentiel apparaît, il devient extrêmement agité et vit chaque interaction comme une provocation, avec une terrible méfiance. Il n'a pas d'ami et ne s'occ

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