Les constructeurs automobiles vont-ils se recycler en planteurs de cannabis pour améliorer leurs voitures? Rouler vert pour protéger l'environnement? «Ce serait dans l'air du temps», répond Fabienne Lagattu, du laboratoire de mécanique et de physique des matériaux au CNRS. Et pour la bonne cause. «Tous les équipementiers sont à la recherche d'une nouvelle fibre» pour leurs carrosseries. D'un matériau plus économique et plus «bio» que la fibre de verre.
Lave. «Noyée dans un liant en polyuréthane, la fibre de verre intervient dans la plupart des capots avant de voiture, mais c'est un vrai casse-tête à recycler», précise Fabienne Lagattu. La matière fond et se resolidifie aussitôt dans les fours à incinération, comme une lave vitreuse. «Chez Usinor, ils doivent nettoyer leurs fours au marteau-piqueur.» Alors que les fibres végétales, elles, partiraient en fumée.
Au XVIe siècle, les marins tressaient le chanvre (ou cannabis) pour en faire des cordages. Les fibres de noix de coco servent déjà à fabriquer des auvents. Mercedes-Benz a testé le lin pour son nouveau modèle 280. Et, dans quelques années, le chanvre pourrait bien se retrouver dans des portières ou dans les caissons thermiques de camions frigorifiques. Une idée des trafiquants pour lui permettre de passer les frontières sans se faire pincer? Pas du tout. «La fibre de cannabis a des qualités thermiques très intéressantes», remarque Fabienne Lagattu. Comme elle est aussi biodégradable, six à huit fois plus résistante que le




