Orx (Landes) envoyée spéciale
Drôle de marais... D'un côté de la petite route départementale qui le traverse, une vaste étendue d'eau claire sur laquelle on imagine planches à voile et baigneurs. De l'autre, du vert, encore du vert, au milieu duquel surnage une casemate construite par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. L'herbier masque l'eau, une barque n'y circulerait que très difficilement. La nature a horreur du vide et cela se vérifie ici, dans le marais d'Orx, à une heure trente de Bordeaux, juste avant Bayonne. Dans quelques semaines, ce vert sera jaune vif, ce sera superbe car la jussie est une très belle fleur. Juste un peu envahissante. Elle n'occupait que quelques mètres carrés en 1993, elle en était à 130Êhectares en 1998. Et elle ne se limite pas à l'Aquitaine ou à la Camargue, ses premières terres de prédilection : elle est partie à la conquête du Nord, Belgique et Pays-Bas. Aujourd'hui, on ne pense plus s'en débarrasser complètement, les scientifiques cherchent seulement comment la garder sous contrôle.
Le marais d'Orx, réserve naturelle, sert aujourd'hui d'étape aux oiseaux migrateurs. Ça n'a pas toujours été le cas : au milieu du XIXe siècle, l'homme, voulant gagner sur l'eau, crée des polders avec des canaux de contournement. Il gagne quelques surfaces cultivables. Dès 1863, des pompes permettent de garder le marais d'Orx au sec. On y cultive les premiers maïs. Mais l'électricité utilisée pour pomper l'eau devient trop chère et les eaux récupère




