Lors de l'épreuve anticipée de sciences du bac, les élèves de première ES se sont retrouvés à devoir défendre des théories datant d'au moins un siècle, qui n'ont plus cours aujourd'hui et qui sont un non-sens scientifique. Les différents sujets proposés avaient pourtant tenté une belle ouverture sur l'actualité : la thérapie génique, les erreurs alimentaires, la tempête de décembre ou la pollution de l'eau. Mais le dernier, sur le thème de «la place de l'homme dans l'évolution», a fait sauter au plafond les paléontologues et même quelques inspecteurs pédagogiques.
«Un siècle en arrière». Il était notamment demandé aux élèves de «rechercher les arguments qui font de Lucy un "intermédiaire possible" entre le singe et l'homme». De trouver, en somme, de quoi défendre l'inverse de ce que démontrent toutes les découvertes récentes... Pour résumer : la famille des hominidés se divisait en deux groupes, les hommes et les australopithèques, des êtres qui marchaient sur leurs deux jambes, possédaient de solides mâchoires et un cerveau assez développé. Et si Lucy australopithèque d'il y a 3,5 millions d'années, découverte en 1974 en Ethiopie par l'équipe franco-américaine d'Yves Coppens a été présentée au début comme une grand-mère de l'humanité, voilà des années qu'elle est reléguée au stade d'arrière-cousine. Elle n'est en aucun cas le chaînon manquant entre le singe et l'homme, car on a découvert depuis beaucoup d'autres espèces d'australopithèques, et cette famille s'est éteinte




