L'homme n'est pas le seul à recourir aux mères porteuses lorsqu'il a du mal à assurer sa reproduction. Le cyprès du Tassili, Cupressus dupreziana, très bel arbre que l'on trouve dans les régions montagneuses du désert du Tassili N'Ajjer (Algérie), a recours aux mêmes méthodes. Plus fort, il se passe de fécondation, car son pollen contient tout ce qu'il faut: il suffit qu'il se pose sur un cône femelle pour germer. Un moyen pour Cupressus dupreziana de lutter contre sa disparition.
Il ne reste que 231 exemplaires du cyprès du Tassili dans leur environnement naturel, qui survivent au fond des canyons dans le Sahara. Les conditions climatiques lui apportent de moins en moins de pluie et la pression humaine a augmenté car son bois est utilisé. Tout cela a conduit le cyprès du Tassili à se raréfier et les exemplaires qui restent, bien que protégés, vieillissent.
Système unique. Pour conserver cette espèce, des «collections» ont été mises en place dans le sud de la France. Une équipe franco- italienne menée par Christian Pichot, chercheur à l'unité de recherche forestière méditerranéenne de l'Inra, a voulu étudier au départ comment valoriser les caractéristiques adaptatives de ces espèces à la fois très menacées et très résistantes. Elle publie aujourd'hui dans Nature les résultats de son enquête. Au fil des ans, elle a noté des anomalies de reproduction chez Cupressus dupreziana jusqu'à découvrir ce système unique de reproduction paternelle dite apomictique chez un conifère.
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