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Au large de Saint-Malo, la mémoire corsaire

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Des archéologues explorent deux épaves du XVIIIe siècle.

Publié le 04/09/2001 à 0h43

Saint-Malo envoyée spéciale

A 6 h 45 du matin, ils quittent les locaux de l'Ecole nationale de police de Saint-Malo qui les héberge depuis deux mois. Tout le monde est à l'heure : la marée n'attend pas et personne ne manquerait une plongée. Pourtant, le briefing a eu lieu la veille à minuit, après le repas. Sur le port de la tour du Solidor, l'Hermine de Bretagne, un dragueur ostréicole superbement retapé et reconverti en bateau de plongée, les attend. Jojo, maître à bord, et Denis, maître hyperbare, embarquent la quinzaine d'archéologues sous-marins. Un quart d'heure plus tard, l'Hermine arrive sur le site : les rochers de la Natière. Et s'amarre face à l'île de Cézembre.

Derrière, vue imprenable sur les remparts au soleil levant. Des têtes de roche affleurent, d'autres restent cachées. Pièges redoutables qui, alliés aux courants, engloutissaient les navires. Jusqu'ici, l'équipe croyait tout naturellement fouiller une seule épave. Erreur : il y en a deux. Les analyses des échantillons de bois l'ont confirmé cette année : deux bateaux reposent à quelques mètres d'écart. Le premier, baptisé Natière 1, a été construit avec du bois coupé en 1678 et le deuxième (Natière 2) en 1736. Trop armés pour être de simples bateaux de pêche, pas assez pour faire partie de la marine royale, ces navires étaient vraisemblablement des corsaires, armés en course avec l'autorisation du roi et pouvant attaquer l'ennemi, anglais ou hollandais le plus souvent. Chaque pièce remontée dans le cadre de c

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