Couac. C'est le cri du «premier embryon de clone humain» quel ques jours à peine après sa tonitruante venue au monde. Le 25 novembre, le journal en ligne e-biomed: The Journal of regenerative medicine publiait une «communication rapide» présentant la production d'un embryon humain par la technique de clonage. L'article est signé par les trois principales figures de la société américaine Advanced Cell Technology (ACT). Le résultat «est préliminaire», écrivent les auteurs: l'embryon de clone humain a cessé son développement après avoir produit six cellules. Mais, le même jour, dans des médias grand public, les mêmes scientifiques présentaient leur performance comme «l'aube d'une nouvelle médecine», celle qui soignera grâce aux cellules souches prélevées sur des embryons humains clonés (Libération des 26 et 27 novembre). Poussé par un vent de scandale et d'espoir, le «premier embryon de clone humain» a fait le tour du monde en moins de vingt-quatre heures. Une semaine plus tard, coup de froid: des chercheurs contestent la qualité de cette publication.
«Echec». Hier, deux scientifiques éminents ont annoncé leur décision de quitter le conseil éditorial de la revue e-biomed: le Français Marc Peschanski, neurobiologiste à l'Inserm, et l'Américain John Gearhart, de l'université John Hopkins. «Ce travail ne valait pas une publication», nous a déclaré Marc Peschanski. ACT a obtenu juste une amorce de développement. «C'est-à-dire rien. Cet article, très pauvre, est juste le support d'un




