La nouvelle loi sur les fouilles préventives (85 % des fouilles pratiquées en France), qui rentre en application aujourd’hui, dépoussiérera-t-elle l’archéologie? Un an après son adoption le 17 janvier 2001, deux des trois décrets d’application ont enfin été publiés au Journal officiel. Mais, si les archéologues disposent d’un statut et d’un cadre légal, de nombreuses inquiétudes demeurent sur l’application de ces textes.
Marchandages. Les grands travaux ont explosé ces dernières décennies, et les fouilles préventives, obligatoires, permettent de s’assurer que l’on n’enterre pas définitivement des trésors archéologiques à coup de bulldozer. Jusqu’à présent, une association, l’Afan, réalisait ces fouilles, et les services régionaux de l’archéologie (SRA, ministère de la Culture) négociaient avec l’aménageur leur coût et leurs délais. Les archéologues, qui apparaissaient comme des gêneurs, devaient se livrer à des discussions de marchand de tapis, et en plus n’avaient pas de statut. D’où de nombreux conflits et des grèves à répétition.
Aujourd'hui, tout le monde se félicite de l'existence de la loi: elle précise que l'archéologie est une mission de service public et confie le monopole des fouilles préventives à un établissement public, l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives), qui prend le relais de l'Afan et intègre les 1 476 personnes qui y travaillent. Il a pour président un scientifique, Jean-Paul Demoul, et pour directrice générale Marion J




