Quand il s'agit de destruction des coraux, les regards se tournent fréquemment vers les tropiques. Mais une étude (1) montre que les récifs européens sont eux aussi menacés par la pêche industrielle. Il n'existe pas de barrière de corail dans les eaux du Nord-Est atlantique. Mais de longs récifs se sont formés au bord des marches qui séparent les grands fonds des plateaux continentaux, notamment à l'ouest de l'Irlande, de l'Ecosse et de la Norvège. A une profondeur qui, faute de lumière, interdit toute symbiose alimentaire avec des algues et rend les coraux particulièrement fragiles. «Ces coraux datent de plus de 4 500 ans», explique Jason Hall-Spencer, principal auteur de l'étude.
Stigmates. Il a découvert ces coraux dans le laboratoire d'une jeune scientifique française, Valérie Allain. Dans le cadre de ses travaux sur les poissons à l'Institut universitaire européen de la mer de Brest, elle avait conservé des spécimens découverts au large de l'Irlande entre 1995 et 1997, dans les filets de chalutiers français. Jason Hall-Spencer a pu constater que les chalutiers pélagiques remontent parfois des coraux: «Ces prises sont rares, mais ces coraux sont très anciens et c'est inquiétant.» Fasciné par les coraux de Valérie Allain, il a lancé les expériences de datation au carbone qui ont montré leur grand âge.
Les coraux froids ont, pour la première fois, été décrits par le naturaliste suédois Linné en 1758. Mais c'est surtout depuis cinq ans que ces animaux font l'objet d'études ap




