Durant la Grande Guerre, les hauteurs d'Arras ont servi de ligne de front : à 400 mètres de ce qui fut le camp romain, les tranchées des archéologues ont croisé celles des soldats. En principe, les chercheurs ne fouillent pas les vestiges de la guerre 14-18. Bien trop dangereux : il est tombé un obus au mètre carré dans ce secteur, dont certains n'ont pas éclaté. Cette fois, les archéologues ont fait une exception «par devoir de mémoire», car ils ont trouvé 31 sépultures. Dans l'une d'elles, 20 soldats sont allongés les uns à côté des autres, les coudes enlacés. Deux corps ne sont signifiés que par des fragments : «Ceux qui les ont enterrés ont voulu leur redonner une intégrité physique», explique Alain Jacques, du service archéologique de la ville d'Arras. Les soldats ont encore leur trousse d'urgence, parfois leur casque et leur masque à gaz. On sait qu'ils sont du 10e bataillon du Lincolnshire : le 9 avril 1917, 25 000 hommes de 5 unités britanniques montent à l'assaut des lignes allemandes, la bataille d'Arras a duré plus de deux mois. Dans une autre sépulture, on a identifié un soldat du Royal Scots Regiment : les Britanniques ont d'ailleurs retrouvé son fils né en 1915, deux ans avant la mort de son père. Tous les squelettes ont été depuis réinhumés dans le cimetière militaire britannique de Point du jour, non loin d'Arras.
Les archéologues ont aussi retrouvé des résidus d'artisanat de tranchée : ils correspondent à un atelier tenu par des prisonniers allemands, qui, en




