Les plus vieux Homo sapiens jamais découverts sont africains. Et ils appuient fortement la thèse du «out of Africa», l'origine africaine de l'hom me moderne. Trois crânes, deux d'adultes, un d'enfant, datés de 160 000 ans ont été découverts en 1997 en Ethiopie dans la moyenne vallée de l'Aouache, près du village d'Herto, à 230 kilomètres au nord-est d'Addis-Abeba. «10 000 générations nous séparent de ces gens, affirme Tim White, de l'université de Californie, à Berkeley, leader de l'équipe qui vient de publier l'étude (1). Le crâne de l'enfant a été reconstitué à partir de 200 morceaux répartis sur 400 m2. La fine fleur des paléontologues américains s'est penchée sur ces nouveaux venus. Pour Tim White, ces fossiles confirment une hypothèse défendue par une grande partie de la communauté scientifique : notre espèce est apparue en Afrique et non, comme le veut une autre théorie, celle du multirégionalisme, dans plusieurs régions du globe.
«Ces ossements ont toutes les caractéristiques de l'homme moderne, estime Dan Lieberman, spécialiste de l'évolution humaine à l'université Harvard (Massachusetts). Rien ne manque.» Par exemple, le crâne adulte présente une face plate, un nez long et étroit. Les arcades sourcilières sont moins proéminentes que celles d'ancêtres plus lointains, la voûte crânienne, plus haute. Le crâne possède aussi des caractères primitifs comme des yeux espacés. Ce qui indique qu'il est à la racine de l'arbre de la famille Homo sapiens. L'équipe de White a créé




