Malmö envoyé spécial
«Ah, ah, c'est toi ma petite...» Bengt ÷rneberg, un Suédois sec et buriné par le soleil de juin, se relève en brandissant une courte plante maigrelette aux petits pétales vert pâle. «Cette plante, on pensait qu'elle n'existait plus ici». Bengt ÷rneberg, dentiste de profession, botaniste par passion, se plonge dans un ouvrage savant et usé sorti de sa besace. Il lit le nom latin : «Sagina. On la trouve un peu en Scanie (région méridionale de Suède, ndlr), un peu à Copenhague.» C'est la première fois qu'on la voit cette année ici. Et il repart tout guilleret le regard rivé au sol de cailloux et de terre.
Ici, c'est sur Pepparholm, comme disent les Suédois. Mais l'île est danoise, alors c'est aussi Peberholm, l'île du poivre, en opposition à Saltholm, l'île du sel, située à cinq cents mètres de là dans le détroit de l'÷resund qui sépare la Suède du Danemark. Leur nature oppose les deux îles tout aussi certainement que leur nom. Car Peberholm est une île artificielle surgie des eaux il y a quelques années seulement.
Quatre kilomètres de long sur 400 mètres de large où se lie le pont venu de Malmö en Suède au tunnel sous-marin qui rejoint Copenhague au Danemark. Dès le départ, le consortium suédo-danois ÷resundsbron, constructeur du pont-tunnel et de l'île, a décidé de ne faire aucune plantation sur Peberholm et de laisser la nature s'y développer librement.«Les techniciens s'étaient rendu compte que le matériau utilisé pour l'île, pompé au fond du détroit, étai




