«Docteur Folamour». C'est ainsi que les opposants à la guerre du Vietnam avaient baptisé Edward Teller, le père de la bombe à hydrogène, qui s'est éteint mardi en Californie, à l'âge de 95 ans. Il était l'infatigable partisan d'une politique d'armement américaine forte basée sur un armement nucléaire toujours plus puissant.
«Superbombe». D'origine hongroise, Teller avait fui l'Allemagne nazie en 1933, avant de rejoindre les Etats-Unis deux ans plus tard. Il fut intégré au projet Manhattan de création de la bombe atomi que américaine, sous les ordres du physicien Robert Oppenheimer, au laboratoire de Los Alamos. Opposé à l'usage de l'arme atomique contre le Japon, Teller se distingua surtout pendant la guerre froide par son militantisme en faveur de la «superbombe», utilisant la fusion de l'hydrogène au lieu de la fission d'atomes lourds, capable de libérer 2 500 fois plus d'énergie que la bombe d'Hiroshima.
Contre l'avis de la majorité des physiciens américains dont beaucoup pensaient que la bombe H ne serait qu'un instrument de génocide, Teller obtint du président Truman, en janvier 1950, de poursuivre ses recherches, quelques mois après l'explosion de la première bombe atomique soviétique. En moins de trois ans, l'équipe d'Edward Teller parachève une bombe, testée sur un atoll du Pacifique. Mais les frictions entre Teller et Oppenheimer s'intensifient. Teller milite pour la constitution d'un second centre de recherches sur les armes nucléaires, indépendant de Los Alamos. Opp




