Genève de notre correspondant
Arpad Pusztai se souvient de ce 12 août 1998 fatidique, lorsque sa vie a basculé. «J'ai parlé 150 secondes à la télévision britannique, prononcé à peine 12 phrases à propos des organismes génétiquement modifiés (OGM). J'ai simplement dit ce qui relevait pour moi de l'évidence : au vu des recherches non encore conclusives, on ne peut pas utiliser les consommateurs comme un laboratoire géant de cobayes.» Biologiste de renom, auteur de plus de 300 articles scientifiques, Arpad Pusztai déclenche une tempête outre-Manche. Il est réduit au silence par son employeur, la fondation Rowett ; menacé de procès s'il répète publiquement ses propos. Aujourd'hui, Pusztai reste encore abasourdi de la violence des attaques.
En 1994, c'était Jeffrey Wigand, qui avait été licencié de son poste de directeur du département R & D de Brown et Wil liamson, troisième cigarettier aux Etats-Unis, et soumis à de for tes pressions pour l'empêcher de révéler que les fabriquants de cigarettes connaissaient la nocivité de leurs produits mais cachaient ces résultats scientifiques. Face à de tels enjeux, comment arbitrer les conflits pour les scientifiques entre le devoir de loyauté envers un employeur et la protection de la santé publique ?
Vulnérabilité. Deux associations, la fondation Science et conscience et l'Association pour une attitude scientifique responsable, ont organisé, en fin de semaine dernière, un colloque dans les locaux de l'Organisation internationale du travail (




