Un ratage de plus ? L'annonce des lauréats du prix Nobel de médecine 2003 ne manquera pas de soulever la polémique. En récompensant de concert le chimiste américain Paul Lauterbur (74 ans) et le mathématicien-physicien britannique Peter Mansfield (70 ans) pour leurs travaux sur l'imagerie à résonance magnétique (IRM), les jurés ont laissé sur le carreau un troi- sième larron. Un Amé ricain nommé Raymond Damadian (67 ans), dont le rôle dans l'apparition de l'IRM est tout sauf anodin.
Eau. L'IRM est le prolongement médical de la réso- nance magnétique nu cléaire, une technique démontrée pour la première fois en 1946. Elle consiste à placer les noyaux atomiques dans un champ magnétique et à analyser les ondes émises par ces noyaux en réponse à cette stimulation. Jusque dans les années 60, la résonance magnétique nucléaire avait permis de faire de grands pas sur la compréhension de la structure chimique des substances. Jusqu'à ce que jaillisse l'idée d'étudier des tissus vivants, dont la teneur en eau est variable. Un tissu sain ne contient pas la même quantité d'eau qu'un tissu altéré, notamment par une tumeur. L'IRM applique ce principe en étudiant le champ magnétique résonnant qu'émettent les noyaux d'hydrogène des molécules d'eau quand le patient est placé au coeur d'un aimant. Les détecteurs placés dans l'imageur et un traitement informatique complexe produisent des images bi et tridimensionnelles des organes, parfois spectaculaires, mais surtout riches d'enseignement pour l




