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Libération

Un sarcophage pour espionner la vie

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L'IRM permet une dissection du corps humain sans scalpel.

Publié le 07/10/2003 à 1h17

«A l'époque, le cliché avait fait la une du magazine américain Science, qui l'avait élu molécule de l'année.» Guy Frija, secrétaire général de la Société française de radiologie et chef du service de radiologie de l'hôpital Georges-Pompidou, se souvient de l'image : le cerveau d'un patient à qui on avait demandé d'imaginer une lumière lumineuse. C'était au début des années 90. Une des premières images de l'imagerie fonctionnelle par résonance magnétique, cet outil qui permet aux chercheurs et aux neurochirurgiens de localiser la zone du langage, du lever de petit doigt ou du calcul mental.

Spectaculaire. Pour Didier Dormont, du service de neuroradiologie de l'hôpital La Pitié-Salpêtrière (Paris), l'IRM représente «la deuxième grande révolution de l'imagerie non invasive après le scanner». Ni rayon X ni radioactivité, aucun effet invasif. Seulement la désagréable expérience d'avoir à rester dans une machine horriblement bruyante en forme de sarcophage. Mais avec des images spectaculaires à la clé. «L'IRM permet d'obtenir un meilleur contraste que le scanner, d'avoir des coupes dans n'importe quelle direction de l'espace, des profils, alors que le scanner se contente de coupes toujours perpendiculaires à l'axe du corps, comme des rondelles de saucisson», dit Didier Dormont.

La plongée peut commencer, sans incision, sans injection, sans rayonnement. L'IRM suit à la loupe les molécules d'eau dans le corps humain. Celles qui restent fixes, comme celles qui circulent. Celles entraîn

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