Le Caire, de notre correspondante.
Trafiquant ou chineur naïf ? Au mois d'août 2003, Stéphane Rousseau, dessinateur au Centre d'études alexandrines (CEA), dirigé par l'archéologue Jean-Yves Empereur, prend l'avion pour rentrer en France. A l'aéroport d'Alexandrie, son bagage déclenche les détecteurs de métaux : au milieu des vêtements et des affaires de toilette, les douaniers découvrent une baïonnette et un casque militaire de la Seconde Guerre mondiale. Puis des pièces de monnaie anciennes. Et, surtout, quatre statuettes en terre cuite : des ouchebtis, figurines placées aux temps pharaoniques dans les tombeaux. Des copies, trouvées au marché aux puces d'Alexandrie, jure Stéphane Rousseau. Le Français a beau clamer sa bonne foi, il est accusé de trafic d'antiquités et emprisonné. Après huit mois de prison, et en liberté conditionnelle depuis le 30 mars, il devrait être jugé ce samedi. En Egypte, où la loi considère comme antiquité tout objet vieux de plus de cent ans, il risque quinze ans de prison.
«On est dans le grotesque, il ne s'agit pas du trésor de Toutankhamon», s'indigne son avocate, Me Soufiane, qui souligne que son client avait acheté ces objets afin d'illustrer les conférences pédagogiques qu'il anime en France. Selon Me Soufiane, les éléments rassemblés contre Stéphane Rousseau restent flous, et sont à replacer dans le contexte particulier de la chasse aux trafiquants lancée depuis deux ans par l'Egypte. D'après l'avocate, l'expertise censée déterminer la provena




