Le Caire, de notre correspondante.
«C'était de l'émotion à l'état pur. On est passé par un trou de 50 centimètres, et là, avec notre petite loupiote, on a vu ces deux sarcophages posés dans ce corridor, le premier à l'aplomb de fausses portes, l'autre au fond, au milieu d'un entassement de momies.» La voix vibrante, les yeux brillants, Guy Lecuyot, architecte archéologue au CNRS-ENS, ne se lasse pas de contempler les centaines de photos prises pendant la fructueuse campagne de fouilles que la mission archéologique du Louvre, dirigée par Christiane Ziegler, directrice du département des Antiquités égyptiennes du musée, vient d'achever dans la nécropole de Saqqara. De belles découvertes, des momies par dizaines, des tombes riches en mobilier funéraire, et surtout deux caveaux, inviolés depuis plus de deux milliers d'années.
Fierté. Entamés en 1991, les travaux de la mission du Louvre avaient d'abord pour objet de localiser avec précision l'emplacement de la chapelle du mastaba (1) d'Akhethetep, dont les parois richement illustrées font la fierté du musée depuis son acquisition au début du XXe siècle. Haut dignitaire, proche de Pharaon et de sa famille, Akhethetep a vécu il y a plus de 4 000 ans, à la fin de la Ve dynastie. La présence de sa sépulture au coeur de la nécropole royale prouve l'importance de sa position au sein de la cour. Lors des premières fouilles à la recherche d'Akhethetep, les travaux de désensablement ont permis de retrouver les arases du mastaba, mais aussi




