Le chien a-t-il des capacités de langage proches de celles de l'homme ? Entretien avec Franck Ramus qui étudie l'acquisition du langage et la perception de la parole dans le laboratoire «Sciences cognitives et psycholinguistique» (1).
Qu'apporte cette expérience ?
Elle montre d'abord que Rico a développé une capacité étonnante, exceptionnelle pour un chien et pour un animal en général. Il reconnaît plus de 200 mots, alors que ses congénères en reconnaissent au maximum une dizaine. Il en sait plus que les chimpanzés, les perroquets, les dauphins les plus entraînés. Il ne fait pas de doute qu'il a été remarquablement dressé par ses maîtres. Il est possible aussi qu'il doive quelque chose à sa race. Les chiens de berger ont été sélectionnés par les éleveurs pour leur aptitude à réagir correctement aux signaux sonores émis par leur maître, cris et sifflements. Mais cette étude est surtout intéressante parce qu'en présentant un record, elle met en relief les limites de l'animal dans l'exercice d'acquisition du langage humain.
Ce chien est pourtant capable d'apprendre rapidement des mots nouveaux...
En effet, il sait apprendre «par exclusion» : lorsqu'il entend un mot nouveau, il va chercher un objet nouveau, parce qu'il a su passer en revue les objets associés à des mots connus et les exclure. En plus, il mémorise cette nouvelle association son/objet. Mais il ne réalise qu'une partie du processus d'apprentissage des mots naturellement à l'oeuvre chez les bébés. Il n'apprend que dans




