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«Scélérates» piégées

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Publié le 05/08/2004 à 1h40

Les vagues géantes ont longtemps appartenu aux légendes de marins. Ceux qui revenaient racontaient ces masses monstrueuses qui engloutissaient leurs bateaux. En février 1995, le croiseur de ligne Queen Elizabeth rencontre dans l'Atlantique Nord une vague de 29 m de haut pendant un ouragan. Son capitaine la compare à «un grand mur d'eau. Comme si nous allions tout droit dans les falaises blanches de Douvres». Les théoriciens pensaient qu'elles ne pouvaient se produire qu'une fois tous les 10 000 ans. Le mois dernier, les données des satellites ERS 1 et ERS 2 de l'Agence spatiale européenne (ESA) ont confirmé l'existence et la généralisation de ces vagues dites «scélérates», capables d'atteindre la hauteur d'un immeuble de dix étages.

Incrédulité. «Pendant longtemps, il n'y a pas eu de preuves, explique Bruno Greco, de l'ESA. A partir du XXe siècle, il y a eu quelques photos de navires éventrés. Mais on ne savait pas si les vagues scélérates étaient un phénomène rare. Leur observation était très difficile parce que les infrastructures censées étudier les vagues "normales" ne leur résistaient pas. Et si un marin en voyait une, encore fallait-il qu'il rentre vivant pour le raconter, et qu'on le croie.» C'est ainsi que, ces dernières années, on a attribué au mauvais temps la perte de 200 supertankers et porte-conteneurs de plus de 200 m de long. «Deux gros navires coulent en moyenne par semaine, mais la cause n'est jamais étudiée aussi en détail que pour un crash aérien», rappelle

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