Le réchauffement climatique n'est pas pour demain. Il a lieu maintenant. Ses implications sont majeures et planétaires. Et surtout incroyablement rapides. Voilà en substance la teneur d'un rapport très attendu sur lequel 300 chercheurs internationaux ont planché pendant quatre années, et que le Comité d'évaluation du réchauffement climatique de l'Arctique présente aujourd'hui à Reykjavik, en Islande, dans le cadre d'une conférence scientifique internationale.
Commandé en 2000 par le Conseil de l'Arctique (1) et le Comité scientifique international de l'Arctique, le rapport prévoit une accélération des changements climatiques, dont beaucoup sont déjà en cours. Gordon McBean, l'un de ses auteurs, reconnaît que la situation actuelle est «pire que celle qu'[ils s'attendaient] à trouver lorsque les travaux ont débuté, il y a quatre ans». Sur près de 1 500 pages, les scientifiques, qui se sont largement appuyés dans leurs études sur les observations et les connaissances des populations indigènes, brossent un tableau qui, selon eux, est loin d'être «le pire des scénarios».
Et pourtant la terre devrait se réchauffer deux fois plus vite au XXIe siècle qu'elle ne l'a fait au siècle précédent. L'Arctique, où le réchauffement a été deux fois plus important que n'importe où ailleurs sur la planète, va connaître une hausse moyenne des températures de 4 à 7 degrés d'ici à 2100. La banquise, qui a perdu près du dixième de sa surface totale depuis les années 70, pourrait diminuer de moitié d'i




