Durant un an un brise-glace des gardes-côtes canadiens dédié à la recherche a stationné dans l'océan Arctique. 225 chercheurs originaires de huit pays se sont succédé sur l'Amundsen pour évaluer la nature et l'impact des changements climatiques sur l'écosystème. Le directeur scientifique, Louis Fortier, professeur à l'université Laval à Québec, fait le point sur cette mission internationale sans précédent.
Les observations en mer de Beaufort de septembre 2003 à septembre 2004 confirment-elles l'impact du réchauffement climatique ?
Elles attestent même d'une accélération puisque les transformations dans le milieu naturel commencent à se produire plus vite que ce que les modèles prévoyaient. On savait que l'ours polaire ou le morse ne sauraient survivre sans banquise. Là, nous avons constaté que des espèces peut-être moins spectaculaires mais plus importantes comme la morue arctique (le poisson principal de cet océan), le zooplancton et jusqu'à un certain point les microalgues sont aussi dépendantes de cet écosystème. Or on assiste déjà à leur remplacement par des espèces venues du sud. La pénétration des saumons du Pacifique en Arctique est de plus en plus fréquente. Dans la baie d'Hudson, la morue est peu à peu remplacée par le capelan de l'Atlantique. On a aussi constaté, c'est une surprise, que l'écosystème arctique est actif tout au long de l'année. On pensait que, durant la longue nuit polaire, il hibernait. Or les microbes, les crustacés, les poissons... tous les organismes sont actifs.
Qu'avez-vous appris sur le rôle de l'océan Arctique sur les flux de carbone?
Des mesures montraient déjà que, durant l'été, lorsque le couvert de glaces fond en périphérie, l'océan Arctiqu




