Suspendue en l'air et ancrée au sol par ses chaînes, la bestiole ressemble à une sorte d'hydravion privé de ses ailes. Dans l'atelier de SMD Hydrovision, petite société britannique de Newcastle upon Tyne, les turbines tournent doucement, moins de quinze rotations par minute, en sens opposé l'une de l'autre. La bestiole peut bouger, se retourner sur elle-même, tel un insecte qui voudrait voler sur le dos. Ce prototype, au 10e de l'échelle réelle, n'est pas destiné à affronter l'air mais les profondeurs sous-marines. A plus de 25 mètres sous le niveau de la mer mais à moins de 50 mètres. La taille réelle de chaque hélice serait de 15 mètres de diamètre. C'est l'une des innovations sur lesquelles le ministère de l'Industrie britannique compte pour ouvrir un nouveau front dans la bataille des énergies renouvelables, celui de l'utilisation des courants sous-marins et des marées. Sur son ordinateur, Ralph Manchester, le jeune coordinateur du projet, montre la machine fonctionnant dans l'eau : flux ou reflux, la bête, reliée à des pivots de chaque côté, se retourne ; les hélices s'arrêtent momentanément, puis repartent. «Nous ne sommes pas là pour sauver l'humanité, mais pour prouver que c'est économiquement efficace. Le temps est mûr désormais pour investir dans l'énergie de l'océan», dit Ralph.
Un intérêt timide
Dans les statistiques des sources d'énergies renouvelables, on trouve l'hydroélectricité (les barrages), la biomasse (du bois aux déchets), l'énergie éolienne (le vent) ou le solaire. Le po




