Marsal (Moselle), envoyée spéciale.
A 40 km au sud-est de Metz, la Seille s'étire paresseusement, bordée de prairies et contemplée par les seules vaches. Ce cours d'eau, inerte en cette fin d'été, connut des temps plus glorieux : il fut au coeur d'une intense activité qui fit vivre la région durant plusieurs centaines d'années et culmina au VIe siècle av. J.-C. : l'exploitation du sel par les Celtes, puis par les Gaulois, qui en ont produit jusqu'à plus de 10 000 tonnes par an. Car à une soixantaine de mètres sous terre, ce qui géologiquement n'est pas profond, on trouve un gisement de sel gemme vieux de plus de 200 millions d'années, qui s'étend de la Franche-Comté à la Lorraine. Il affleure à la surface, se concentre dans les mares ou les étangs et les sources salées de la vallée le rendent facilement exploitable. Depuis quatre ans, un programme archéologique mené par Laurent Olivier révèle peu à peu l'importance de cet énorme complexe industriel qui a façonné la région.
Les noms des rivières le long desquelles pousse parfois la salicorne, une plante de milieux marins et des villages racontent l'histoire : la Seille, Château-Salins, Saulxures, Salonnes ou Marsal. Petit village fortifié par Vauban, Marsal est construit sur une hauteur pas très naturelle : il repose et d'autres villages avec lui sur une couche de tessons d'argile qui atteint de 10 à 15 mètres d'épaisseur. Ce sont les briquetages utilisés par les ancêtres des Gaulois pour l'extraction le sel. Sans l'acc




