Cultiver des plantes sous serre pour récolter à faible coût des substances à forte valeur ajoutée : le projet a de quoi faire rêver l'industrie du médicament et des cosmétiques. Traditionnelles consommatrices de substances produites naturellement par des plantes sauvages ou cultivées (de la morphine du pavot au taxol anticancéreux tiré d'un if rare), celles-ci comptent plus que jamais sur le végétal pour renouveler leur portefeuille de molécules actives. La culture en plein champs d'OGM produisant des protéines d'intérêt pharmaceutique est une des voies explorées dans cette perspective. Elle est épineuse, comme le montrent les fauchages dont elle est la cible en France. Une «pharmagriculture» réalisée en milieu confiné a longtemps été brandie comme une alternative, futuriste. Elle pourrait ne plus être une chimère, grâce à une nouvelle technologie mise au point par une toute petite équipe de biologistes de Nancy : celles des «plantes à traire», acronyme PAT.
Stimulées. Derrière cette métaphore mammo-végétale se cachent quinze ans de travail, une cascade d'innovations et, au final, un mode d'obtention de biomolécules tout à fait étonnant. Cultivées sur un milieu hydroponique, dans une eau enrichie en nutriments essentiels, les plantes sont amenées, par des moyens biochimiques, à surproduire dans leurs racines les «métabolites secondaires» (des molécules bioactives) qu'elles y fabriquent d'ordinaire avec parcimonie. Stimulées telles les mammelles d'une vache sous l'effet d'une




