Menu
Libération

Les fonds flous de la recherche

Réservé aux abonnés

Circonspection de certains chercheurs après les annonces de Villepin.

Publié le 01/10/2005 à 3h55

Un milliard d'euros en plus pour la recherche en 2006, 3 000 postes de chercheurs supplémentaires, une revalorisation des allocations de recherche des jeunes docteurs... Un an et demi après l'explosion de colère du monde scientifique français, qui avait donné naissance au mouvement «Sauvons la recherche» (SLR), l'annonce faite jeudi par Dominique de Villepin a de quoi apaiser, sinon séduire. Au lendemain de la publication du projet de budget 2006, le Premier ministre a égrené les grandes lignes du projet de loi d'orientation de programmation sur la recherche promis... depuis 2004 par Chirac.

Le discours est toutefois accueilli avec circonspection par nombre de chercheurs qui attendent le texte intégral. Il sera rendu public lors de son dépôt au Conseil économique et social, le 5 octobre, avant sa présentation en Conseil des ministres mi-novembre.

«Astuce.» La nature du «milliard» promis pour 2006, ainsi que sa distribution, pourrait en effet se révéler moins favorable qu'il y paraît aux demandes formulées par le mouvement des chercheurs. «Il y a sous ce chiffre une curieuse astuce comptable, note le biologiste Alain Trautman, «animateur» de SLR. Un tiers de ce milliard est le fruit du crédit impôt recherche. La France est le seul pays européen à mettre une incitation fiscale au crédit des investissements de la recherche.» En outre, plus de la moitié du pactole reviendra à l'Agence nationale de la recherche (ANR), organisme créé l'an dernier pour assurer le financement direct d

Dans la même rubrique