Il y a vraiment des chercheurs qui se paient du bon temps. Tel Paul Rothemund, du célèbre Caltech, l'institut californien de technologie. Lui passe le plus clair de ses journées à faire des origamis. Le pire, c'est qu'il s'offre le luxe de voir ses pliages publiés dans l'une des plus prestigieuses revues scientifiques au monde. Nature consacre aujourd'hui pas moins de six pages aux plus étonnants origamis qui soient : Rothemund plie des brins d'ADN pour fabriquer des gadgets. Il s'est ainsi amusé à construire une carte du continent américain, sans doute sa plus belle réalisation. Mais il compte à son actif un smiley, petite icône bien connue des accros de l'Internet, des flocons de neige, des étoiles, des hexagones et autres triangles.
Manipuler. Ces travaux sont une éclatante démonstration du savoir-faire acquis par les spécialistes de la nanotechnologie. Ou l'art de manipuler la matière à l'échelle moléculaire, à l'échelle du milliardième de mètre. Depuis les années 90, les percées se succèdent, qui révèlent d'étonnants objets faits de quelques atomes ou molécules : boulier, moteur, guitare, etc. (1). Autant de travaux qui empruntent le chemin imaginé par le physicien américain Richard Feynman qui, un jour de décembre 1959, avait expliqué que l'homme saurait un jour graver une vaste encyclopédie sur une tête d'épingle. «Il reste plein de place vers le bas», avait-il expliqué à son auditoire ébahi. Donnant le signal d'une approche nouvelle de la manipulation de la matière. A




