Le virus de la grippe aviaire circule. Les connaissances sur cet agent infectieux et sur tous les virus grippaux actuellement en activité doivent circuler plus vite encore. Librement, grâce à la création d'une banque de données régie par un consortium international de chercheurs. Tel est, en substance, l'appel lancé hier dans la revue britannique Nature par les plus éminents leaders de la recherche sur la grippe, notamment Nancy Cox, directrice du département «grippe» des Centers for disease control (CDC) et Ilaria Capua, présidente du comité scientifique du réseau OFFLU (collaboration de l'Office international des épizooties et de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation). Soixante-dix scientifiques et responsables de la santé, dont six prix Nobel ont d'ores et déjà soutenu leur projet dont l'essence semble tomber sous le sens. Et pourtant.
La recherche sur le virus aviaire est singulièrement minée par un manque de collaboration scientifique, certains groupes de recherche et gouvernements craignant, en mettant leurs connaissances dans le domaine public, de se voir déposséder des droits à breveter les éventuelles molécules et vaccins qui pourraient dériver de leur travail. Ainsi la souche virale qui a fait plusieurs morts en Indonésie a-t-elle été longtemps gardée secrète. L'accès aux données cliniques sur les malades, aux échantillons viraux des grippes humaines et aviaires et à leur séquence génétique est pourtant, chacun le sait, essentiel à la pr




