Sous les vastes plaines du Nord, les traces de la guerre des mondes. C'est la dernière découverte des «marsologues», publiée jeudi dernier dans Nature (1), réalisée grâce au radar de la sonde européenne Mars Express, en orbite martienne depuis décembre 2003. Elle éclaire d'un jour nouveau l'histoire encore énigmatique de Mars la Rouge... mais de moins en moins au fur et à mesure de son exploration par satellites et robots mobiles. Ces plaines font partie des mystères préférés des planétologues. Très plates et très basses quatre kilomètres en dessous de la moyenne , elles ont incité scientifiques et auteurs de romans de SF à y voir la trace d'un ancien océan. Las, du moins pour ceux qui rêvaient d'en faire un havre de vie, la caméra infrarouge Omega, concoctée à l'Institut d'astrophysique spatiale (IAS) d'Orsay, n'y a vu aucune trace des sédiments aqueux (carbonates) qu'un tel océan aurait formés (2). Au contraire, en repérant du matériel volcanique, Omega avait plaidé en faveur d'un scénario sec.
Grands bassins. «Déjà, l'altimètre laser Mola, de la sonde Mars Global Surveyor, nous avait conduits à soupçonner la présence de grands bassins trois à quatre kilomètres sous la surface», précise Nicolas Mangold (CNRS, université d'Orsay). L'équipe américano-italienne qui a épluché les données du radar Marsis de Mars Express a validé cette idée, en apportant la preuve de leur existence, en mettant en évidence une douzaine de bassins de 130 à 470 km de diamètre alors




