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Terriens cherchent nouveaux voisins

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Jadis sulfureuse, la question de la vie ailleurs dans l'Univers est devenue une science ordinaire.

Publié le 27/12/2006 à 0h39

En 1600, le philosophe Giordano Bruno fut brûlé à Rome pour avoir proclamé (entre autres) la possibilité d'«autres mondes». Le 6 décembre 2006, au Muséum national d'histoire naturelle, planétologues, géologues, biologistes, ingénieurs, philosophes et historiens tenaient colloque. Sujet : fonder le programme «Origines des planètes et de la vie» (OPV), lancé par le CNRS. Hier spéculation philosophique, l'interrogation sur la pluralité des mondes et l'unicité, ou non, de la vie dans l'Univers accède au rang de science ordinaire. L'origine de la vie devient ainsi motif à recrutement au CNRS tandis que l'université Harvard accorde un million de dollars par an à son centre de recherches en exobiologie. Ce changement de statut d'un sujet autrefois sulfureux, traité par quelques pionniers, ne vient pas d'un renversement dogmatique (1). Tout simplement, «nous avons maintenant matière», affirme Anne-Marie Lagrange, responsable du programme OPV à l'Institut national des sciences de l'Univers (CNRS). Matière ? Les astrophysiciens apportent la preuve de la pluralité des mondes, de l'abondance des molécules organiques et de l'eau dans l'Univers; modélisent la formation des planètes; traquent l'évolution chimique prébiotique, voire l'émergence de la vie, dans le système solaire (comètes, Mars, Titan, Europe, Encelade); expérimentent en laboratoire l'évolution chimique du milieu interstellaire.

Les ingénieurs, constructeurs de robots spatiaux et de télescopes au sol, abordent e

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