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Jeanne d'Arc perd les os

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Pathographie. La relique de la sainte serait constituée de restes d'une momie égyptienne.

Publié le 05/04/2007 à 7h02, mis à jour le 05/04/2007 à 7h02

Las, il n'y a pas eu de miracle. Les restes calcinés de la «relique» de Jeanne d'Arc, conservés pieusement à Chinon depuis des années ne sont pas ceux de la sainte ­ héroïne malheureuse qui périt dans les flammes à Rouen en 1431 ­, mais des fragments d'une momie égyptienne anonyme datant de la Basse Epoque (entre le VIIe et le IIIe siècle avant J.-C.). C'est ce que viennent de révéler les travaux du docteur Philippe Charlier, médecin légiste et paléothologue qui les étudiait depuis près d'un an. Les résultats définitifs seront présentés ce week-end à Loches, lors du deuxième colloque international de pathographie (examen scientifique des personnages historiques). Fin d'un mythe et épilogue d'un joli coup de pub scientifique.

L'affaire commence en 1867 à Paris, rue du Temple, lorsque sont découverts dans un bocal d'apothicaire, quelques os carbonisés censés avoir été recueillis sous le bûcher de la sainte. Outre les os (une côte humaine, recouverte d'un enduit noirâtre ressemblant à du bitume, et un fragment de vertèbre humaine), on trouve un bout de fémur de chat, un lambeau de tissu et de petits morceaux de charbons. Le couvercle du bocal contenait une inscription : «Restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d'Arc, Pucelle d'Orléans.»

«Baume». Pendant trois décennies, la «relique» va beaucoup voyager, passant entre les mains de nombreux étudiants. Les restes seront finalement étudiés en 1892 par une commission ecclésiastique à Orléans. Un an plus tard, le chanoine Desn

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