Station Bras-de-Fer. C'est là qu'il faut descendre pour rejoindre l'unité 861, dernière-née de l'Inserm, inaugurée en grande pompe ministérielle cet automne, à Evry (Essonne). Par le plus grand des hasards, la gare est bien nommée : elle dessert un monde placé sous le signe de la lutte. Passez le siège de l'Association française contre les myopathies, l'AFM, où bourdonnera en décembre le Téléthon, une manifestation créée contre vents et marées ; continuez vers le laboratoire Généthon, qui a lancé l'exploration du génome humain quand personne n'y croyait ; entrez dans l'enceinte du Genopole, où ferraille la biotechnologie française, croisez un chantier. Vous arrivez enfin en vue d'un bâtiment à l'enseigne «I-Stem», sous-titrée «Institut des cellules souches pour le traitement et l'étude des maladies monogéniques». C'est là. Vous cherchez l'accueil, trouvez les livraisons où règne un géant jovial aux biceps également assortis à la gare. «Un rendez-vous pour Marc ? Ah !Ah ! Je vais vous le chercher», s'esclaffe-t-il avant de disparaître dans les couloirs du laboratoire flambant neuf, fruit de cinq ans d'un parcours du combattant.
Nobel 2007. Marc Peschanski est le créateur et le directeur d'I-Stem. Pendant la campagne présidentielle, on l'a entendu défendre Arlette Laguiller (Lutte ouvrière), et descendre les inepties du candidat Sarkozy sur la génétique de la pédophilie. Le voici qui s'avance, pull et chemise, front dégarni, sourire, 55 ans. Le bras de fer, il ne l'a pas




