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Interview

«Je veux savoir comment on oublie»

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Publié le 16/10/2007 à 0h48

«Je veux savoir si l'oubli existe. Si les souvenirs disparaissent à jamais de notre mémoire. S'il y a, dans le cerveau, un processus qui les efface pour toujours, comme un chiffon efface les lettres écrites à la craie. Ou s'ils demeurent stockés, prêts à être réactivés, remémorés. Et si tel est le cas, alors, tous les souvenirs ont-ils le même statut, sont-ils tous accessibles de la même façon à des opérations de réactivation ? Et en quoi consistent ces opérations ?

«C'est le mystère de la madeleine de Proust. Mais les outils d'investigation de l'activité cérébrale, via l'imagerie, la découverte de drogues aux effets particuliers sur le cerveau et les connaissances accumulées par la neurobiologie permettent de revisiter le problème.

«Cette question de l'oubli intéresse beaucoup de monde, la recherche médicale qui tente de comprendre et traiter des maladies tel Alzheimer, et bien évidemment les psychanalystes. Et des neurobiologistes, dont je suis, qui veulent savoir comment marche la mémoire. «Alors, à travers des expériences utilisant des rats (ils ont une excellente mémoire), je cherche à découvrir les bases biologiques de l'oubli. Récemment, j'ai publié avec des Américains des travaux qui montrent pour la première fois qu'on peut effacer avec une drogue un souvenir et un seul, de façon sélective. Un mauvais souvenir, en l'occurrence.

«L'expérience était la suivante : on avait appris à des rats à associer deux sons à l'imminence d'un choc électrique. Résultat, chaque fois qu'

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