Pascale Richardin est ingénieure de recherche au laboratoire du Centre de recherche et de restauration des musées de France (UMR 171, CNRS-ministère de la Culture).
«J'étudie des objets, des sculptures, des oeuvres d'art de tous âges qui nous sont confiés par des conservateurs des musées. En tant que chimiste, j'essaie de mettre à jour certains de leurs secrets de fabrication. L'objectif est de mieux comprendre comment ont été réalisées ces oeuvres, comment elles se dégradent, comment évoluent, dans le temps, leurs matériaux. Cette dernière donnée est d'une grande importance pour assurer une bonne conservation des oeuvres et permettre leur restauration.
Maspécialité, c'est l'étude des matériaux hybrides, constitués de plusieurs familles susceptibles d'interagir. Actuellement, je travaille sur le retable d'Issenheim [Alsace, ndlr], peint par Mathias Grünewald au XVIe siècle, mais j'ai récemment collaboré à une recherche, publiée ce mois-ci dans la revue Analytical Chemistry, sur des objets africains en bois exposés au musée du Quai-Branly. C'est un domaine auquel je suis d'autant plus sensible que l'Afrique fait partie de mon histoire personnelle. En l'occurrence, il s'agissait de sculptures des Dogons et des Bamanas, deux ethnies du Mali, rapportées dans les années 30 par l'ethnologue Marcel Griaule.
Ce type d'objets est traditionnellement recouvert d'une épaisse patine dont la nature n'avait jamais été étudiée d'un point de vue physico-chimique. Griaule, qui avai




