Les glaciers de l'Antarctique, eux aussi, entendent l'appel de l'océan. Et s'y glissent de plus en plus vite, au point que leur contribution à la hausse du niveau marin risque de devenir significative. C'est la très mauvaise nouvelle annoncée par l'équipe d'Eric Rignot dans Nature Geosciences.
Depuis le début de l'alerte climatique, les glaciologues considéraient que la calotte polaire antarctique allait plutôt atténuer qu'amplifier la hausse du niveau marin. Cette dernière est d'abord due à la dilatation thermique de l'océan, au fur et à mesure qu'il se réchauffe. Avec la fonte des glaciers de montagne, la hausse devrait se situer entre 20 et 80 cm d'ici 2100.
Cette estimation semble maintenant optimiste. A cette fonte, il faudrait ajouter le glissement accéléré des glaciers côtiers vers la mer, probablement en raison d'une «lubrification» de leur contact avec le sol par l'eau de fonte (1). Déjà bien documenté pour le Groënland (2), ce phénomène va-t-il se manifester en Antarctique ?
L'équipe d'Eric Rignot (université de Californie) a réussi à déterminer les mouvements de glaciers sur 85 % de la côte du continent blanc entre 1992 et 2006. Un travail réalisé à l'aide des satellites-radars européens (ERS-1 et 2, Envisat), canadien et japonais. Glacier par glacier, les scientifiques ont calculé les tonnes de glaces perdues en mer. et apportées par les précipitations. Bilan ? L'Antarctique perdait environ 112 milliards de tonnes de glace en 1996, et 196 milliards en 2006. U




