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«Un point de non-retour pour la géographie polaire»

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Publié le 22/01/2008 à 2h02

Hasard ? Chance ? Nul ne le sait, mais la dérive de la goélette Tara sur la banquise depuis septembre 2006 a coïncidé avec une accélération formidable des changements géographiques au nord de la planète. Et permis aux scientifiques de réaliser de nombreuses observations dans le cadre du programme Damoclès, dirigé par l'océanographe Jean-Claude Gascard, directeur de recherche au CNRS, et qui regroupe 48 laboratoires de douze pays européens. Observations menées dans l'atmosphère jusqu'à 2 000 mètres et sous la banquise jusqu'à 4 000 mètres de profondeur grâce à des ballons sondes, des flotteurs dérivants et autres appareils capables d'en étudier l'évolution en temps réel,

L'année 2007 restera en effet dans les annales des spécialistes de l'Arctique. Au point, avance Jean-Claude Gascard, qu'elle pourrait représenter «un point de non-retour, d'irréversibilité, dans l'évolution de la géographie polaire». L'aspect le plus spectaculaire de ce changement a été observé jour après jour par les satellites qui dressent la carte de la banquise. La superficie de la banquise a pulvérisé son record de rétractation estivale, en passant sous les 3,2 millions de km2 en septembre 2007. Le record précédent se situait vers les 4 millions (1). Et la banquise s'étalait encore sur 7 millions de kilomètres carrés en fin d'été il y a vingt ans.

Vents plus forts. Ce rétrécissement s'est accompagné d'une dérive accélérée vers l'Atlantique, provoquant l'apparition d'une immense zone d'eau lib

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