Sous l'effet de la mondialisation des échanges, l'Europe change. Comment ? Durant deux ans, plus de 1 500 experts de 15 institutions de recherche de différents pays européens ont examiné cette question sous un angle qui n'a jamais effleuré les débats sur la Constitution européenne. Et c'est bien légitime. Car ce n'est pas de culture, dont les chercheurs ont traité, mais de nature.
Les frontières s'ouvrent, les hommes circulent, et aussi les espèces végétales et animales, objets de commerce ou touristes accidentelles. Certaines meurent, sitôt débarquées. D'autres s'installent : ce sont les «aliens», les espèces exotiques, et parfois envahissantes. Quelles sont-elles en Europe ? D'où viennent-elles et par quel biais ? Quelles menaces présentent-elles, chacune, pour la biodiversité du Vieux Continent ?
Grandes explorations. C'est pour répondre à ces questions qu'a été lancé, en 2005, le projet Daisie (1). Objectif : créer une base de données des espèces introduites par l'homme en Europe, volontairement ou involontairement, après l'an 1500, date qui marque le début des grandes explorations intercontinentales et des introductions massives d'espèces.
L'Inra, qui a assuré la coordination du volet «invertébrés terrestres» (insectes, acariens, vers et autres mollusques) du projet, vient de mettre en ligne le premier bilan des espèces invasives appartenant à ce groupe discret et dont l'impact est parfois ravageur. Au terme d'un travail de fourmi d'inventaire et de recoupement des bases d




