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Libération

Discours contre méthode

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Publié le 27/05/2008 à 3h37

Est-il vraiment nécessaire d'organiser une manifestation pour affirmer «la fierté» d'être un chercheur académique ? La recherche publique française serait-elle si menacée et méprisée ? Oui, si l'on en croit un sondage réalisé en 2006 indiquant que 46 % des Français estiment que «la science apporte à l'homme autant de bien que de mal» (1). Oui, si l'on en croit le gouvernement et la droite française qui accusent la recherche d'avoir un mauvais rapport coût-résultat tout en organisant le sous-financement de sa composante publique. Oui, si l'on en juge par la baisse du nombre de thèses soutenues en France (moins de 10 000 par an) et par le salaire d'embauche comme maître de conférence ou chargé de recherche au CNRS d'un trentenaire, titulaire d'un doctorat, auteur de plusieurs articles scientifiques, ayant souvent effectué plusieurs CDD dans des laboratoires prestigieux: 1700 à 1800 euros.

Malentendu. A l'origine de cette manifestation, il y a aussi le conflit toujours à l'oeuvre, politique, sur l'avenir de la recherche, sa réorganisation et son financement. Le gouvernement poursuit la politique menée entre 2002 et 2007 : au Pacte pour la recherche, à la création de l'Agence nationale de la recherche (ANR) et de l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Aeres), il a ajouté la loi Liberté et responsabilité des universités (LRU) et veut maintenant réformer les organismes de recherche (CNRS et Inserm). Et entend ainsi défendre «la science», tout c

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