Il est hautement improbable de trouver la clé d’une révolution conceptuelle dans un système de climatisation. C’est pourtant ce qui est arrivé à Jean-Michel Claverie, Bernard La Scola et Didier Raoult, enseignants-chercheurs à l’université de Marseille. Au printemps 2003, ils découvraient, dans un échantillon collecté une décennie plus tôt dans le circuit d’eau chaude d’un hôpital anglais, un virus géant. Un monstre, long de 600 nanomètres, méchant pour les amibes et inoffensif pour l’homme semble-t-il, mais quatre fois plus gros que tous les virus connus. Cinq ans plus tard, les virus géants sont candidats au titre de pierre angulaire du monde tel qu’il va, depuis l’aube de la vie à nos jours.
Une salve de découvertes publiées cette année par l'équipe marseillaise et d'autres chercheurs dans les plus prestigieuses revues, offre en effet aux mégavirus un rôle vedette dans l'évolution des cellules, dans le succès de la reproduction sexuée (lire ci-contre) et dans les cycles du plus grand des écosystèmes planétaire - à savoir l'océan - dont dépend le climat. Ni plus ni moins. A la lumière de ces travaux, c'est la définition même des virus qui se trouve questionnée. Les biologistes leur ont toujours refusé le statut d'organismes vivants. Le mur tombe. «Nous devons repenser la nature des virus», annonce Jean-Michel Claverie, directeur du laboratoire du CNRS Information génomique et structurale à Marseille, pape des mégavirus.
Inconnue. Les faits, d'abord,




