En 1998 naissait la science des cellules souches de l’embryon humain. Des chercheurs américains annonçaient alors avoir réussi à cultiver in vitro ces insaisissables cellules qui ont l’extraordinaire, et unique capacité, d’être pluripotentes : elles sont, in utero, la source de tous les tissus de l’individu en gestation. D’autres scientifiques parvenaient ensuite à les utiliser pour produire des neurones, du foie, du muscle, nourrissant l’espoir d’une nouvelle médecine : on soignera, un jour, les tissus lésés en leur greffant des cellules produites in vitro. Une promesse toujours d’actualité ? Le point de vue de Stéphane Viville (1), qui dirige à Strasbourg l’une des rares équipes françaises bénéficiant d’une dérogation à la loi de bioéthique qui interdit les recherches sur des cellules souches tirées d’embryons humains.
Où en est cette médecine «régénérative» attendue depuis dix ans ?
Il n’y a pas encore d’essai clinique utilisant ce genre de cellules. Et je ne pense pas que les premières applications de ces découvertes sur les cellules souches embryonnaires auront lieu dans les hôpitaux. Je les vois plutôt venir dans l’industrie chimique au sens large. La pharmacie, en premier lieu, et aussi la cosmétique, l’agroalimentaire, l’agrochimie, la toxicologie environnementale. Je prends l’exemple de la pharmacie. Pour trouver un médicament, il faut tester les effets de milliers de molécules. Tester, oui, mais sur quoi ? C’est le grand et vieux problème de la recherche pharmaceutique puisqu’on ne peut évidemment faire ces tests sur l’homme. On l




