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Pour en finir avec la torture

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Droits de l’homme. A Copenhague, médecins et scientifiques analysent la nature des séquelles de la torture pour mieux traiter les victimes. Reportage dans un des rares centres alliant recherche et soin.

Publié le 16/12/2008 à 6h51

L'allure frêle, cheveux grisonnants, Amadou , 52 ans, écarte sa veste (1). Sous son tee-shirt, de longues cicatrices sombres lui parcourent l'abdomen : les traces de la torture qu'il a subie dans les geôles mauritaniennes avant de fuir son pays, en 1993. Il était ingénieur. La torture, c'était le sort réservé aux opposants politiques. En prison, il a été brûlé, passé à tabac, puis soumis au supplice de la falanga. Cette technique, qui consiste à frapper la plante des pieds de la victime à l'aide d'une matraque, d'un câble ou d'une barre de fer, n'est pas seulement extrêmement douloureuse. Elle cause des séquelles permanentes.

Il y a quinze ans, Amadou s'est réfugié au Danemark. Il souffrait alors de douleurs chroniques, faisait des crises d'angoisse, des cauchemars et se réveillait cinq à six fois par nuit. Il songeait à se suicider. «Je ne pensais pas que j'irais mieux un jour», dit-il. Un médecin a fini par l'envoyer au Centre de réhabilitation et de recherche pour les victimes de la torture (RCT), à Copenhague. Pendant plus d'un an, il a été suivi par des physiothérapeutes, des psychologues et des travailleurs sociaux. Il a subi des examens à l'hôpital. Les médecins lui ont prescrit des médicaments. Et puis, il a parlé, beaucoup. Petit à petit, ses douleurs se sont atténuées.

Prévention. Pour le docteur Inge Genefke, qui a fondé le RCT en 1982, c'est une victoire. «Quand on a commencé, on ne savait rien de la torture, raconte-t-elle. Aujourd'hui, au

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