Le 10 décembre, le monde politique fêtait les 60 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Le même jour, à Stockholm, le Gotha des sciences et des lettres assistait au cérémonial rituel honorant la mort, le 10 décembre 1896, d'Alfred Nobel : le roi de Suède remettait le prix éponyme aux élus de l'année. Les calendriers, qui choient les hasards, ont de l'esprit. A force de penser que la recherche scientifique est (cochez la case) : «Un moteur de développement économique» ; «une source de technologies à risques pour la santé et l'environnement» ; «une activité intellectuelle dispendieuse (réduisez les effectifs)», on pourrait oublier que sa première vertu est d'«œuvrer pour le plus grand bénéfice de l'humanité», comme l'écrivait Alfred Nobel dans son testament.
ADN d'innocents. Et ainsi va la recherche, souvent. Pas seulement celle invitée sous les ors du palais royal de Stockholm ou rencontrée dans les discrètes consultations du centre de recherche sur les victimes de la torture à Copenhague(lire ci-contre). Il y a aussi celle qui pousse un coup de gueule, le 8 décembre, dans les pages en ligne de la revue scientifique Nature (1).
Prenant à contre-courant l'opinion publique britannique, Alec Jeffreys, inventeur il y a vingt-cinq ans des empreintes génétiques, s'indigne de ce que l'ADN de «près d'un million d'innocents» [suspectés puis libérés, ndlr] est stocké dans le fichier de police de son pays et se ré




