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Des comptes à vue d’œil

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Neurologie. Pour additionner ou soustraire des chiffres mentalement, l’être humain a recyclé des circuits neuronaux dédiés aux mouvements des yeux vers la droite et la gauche.

Publié le 12/05/2009 à 6h51, mis à jour le 12/05/2009 à 6h51

Additionner ou soustraire, c'est comme déplacer son œil vers la droite ou la gauche. D'où vient cette idée saugrenue au premier abord ? Du laboratoire de neuroimagerie cognitive (Institut national de la santé et de la recherche médicale), où d'imaginatifs scientifiques utilisent les outils issus de la physique nucléaire du centre Neurospin, au Commissariat à l'énergie atomique de Saclay, pour «voir» nos cerveaux en action. Leur dernière publication, dans Science vendredi dernier (1), illustre une nouvelle fois la puissance de cette investigation dans une très longue enquête que l'on pourrait intituler : «Comment pensons-nous ?»

Imagerie. Si une telle recherche repose sur une énorme ambition, elle procède par petites touches. Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France, dirige cette équipe qui poursuit la piste des opérations mathématiques élémentaires ou de l'apprentissage de la lecture pour progresser dans cette enquête. Ici, elle s'est intéressée à une idée qui semblera naturelle aux mathématiciens : les liens entre espace et nombres. Des travaux antérieurs ont suggéré que nous organisons notre sens des nombres - des petits vers les grands - sur «une ligne mentale orientée de la gauche vers la droite pour les populations où l'on lit dans ce sens, notamment pour la perception approximative des rapports de grandeur», explique André Knops, le premier auteur de l'article, post-doc dans le labo de Dehaene lors de cette recherche, qui tr

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