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Critique

Le climat, mutant de 6 000 ans

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Selon William Ruddiman, l’homme, depuis qu’il est agriculteur, a une forte influence sur le climat. Une hypothèse difficile à soutenir.

Publié le 26/09/2009 à 0h00

La science est parfois cruelle qui fait des plus belles hypothèses et de travaux honnêtes une charpie. Exemple avec ce livre au titre choc la Charrue, la peste et le climat. Ecrit par William Ruddiman, géologue marin réputé, il provient de son activité scientifique de jeune retraité. Jouissant de loisirs mérités, il s'est lancé dans la vérification d'une hypothèse hardie : et si l'homme n'avait pas commencé à changer le climat avec le charbon de la révolution industrielle, mais bien avant ?

En résumé, Ruddiman estime que les légères augmentations du méthane et du gaz carbonique de l’air, survenues entre il y a 6 000 ans et l’an 1750, nous ont évité rien moins qu’une entrée en glaciation. Et que ces augmentations proviennent exclusivement des émissions humaines dues à l’agriculture (rizières et ruminants domestiques) et à la déforestation pour faire place aux champs.

L’idée est séduisante. Elle fait remonter à près de 6 000 ans en arrière le début de l’Anthropocène, l’ère où l’homme devient un facteur climatique, voire géologique et pédologique, dominant. Elle est raisonnable puisque les surfaces déforestées et donc les volumes de gaz carbonique émis, sont énormes… à condition de les considérer sur toute la période. Son auteur, de surcroît, présente une carrière respectable et ne peut facilement être récupéré par tous les polémistes du climat. Enfin, il travaille avec des méthodes standard, et parle à ses collègues avant de se ruer devant une caméra.

Le livre, traductio

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