Preuve.» En anglais, «evidence», lit-on dans le titre d'un article publié dans le dernier numéro de la revue Astronomy & Astrophysics (1). Les scientifiques, gens en général prudents, ne sortent ce terme que sûrs de leur coup. Aussi, lorsque l'on découvre que la «preuve» annoncée par une équipe d'astrophysiciens européens et américains concerne le mouvement d'expansion de l'univers tout entier, un sentiment s'impose : c'est du lourd.
«L'univers accélère» affirme donc cette équipe où l'on trouve Karim Benabed et Yannick Mellier, rencontrés à l'Institut d'astrophysique de Paris (CNRS). Il accélère depuis sept milliards d'années. Cela peut sembler long, mais ne représente qu'un peu moins de la moitié de l'âge de l'univers connu, dont l'histoire débute avec le big-bang, il y a un peu plus de treize milliards d'années. A l'époque, l'univers était très dense, très chaud, homogène et très petit. Aujourd'hui, il est très vide, très froid, très inhomogène (de grands vides séparant des regroupements de matière) et très grand. Son histoire est celle d'une expansion. Mais à quelle vitesse ?
Quelque chose cloche
Ce paramètre, décisif pour décrire l'histoire et la géographie du cosmos est baptisé «constante de Hubble», explique Yannick Mellier, car elle est née en 1929 des observations d'Edwin Hubble : plus les galaxies sont loin de nous et plus elles s'éloignent vite. Ce mouvement décale leur lumière vers le rouge, un peu comme le s




