Dans la catégorie océanographe, Colomban de Vargas fait partie du sous-groupe «pieds mouillés». Ceux qui embarquent, par opposition aux «pieds secs» qui - mal de mer ou obligation technique - étudient l'océan en laboratoire. Son «voyage initiatique», en 1997, fut un coup de chance. Un remplacement de dernière minute lui permet de monter à bord du magnifique Clark Ross du British Antarctic Survey. Pour un Angleterre-îles Malouines. Jeune chercheur (doctorant), il y embarque avec son petit filet à plancton qu'il va vite cacher dans sa cabine devant les moyens exceptionnels apportés par la Nasa encombrant les ponts. La mission devait collecter du plancton pour calibrer les observations du satellite SeaWiFS de la «couleur» des océans. Celle- ci est déterminée par le plancton, base de la chaîne alimentaire, maillon décisif des cycles biogéochimiques et climatiques de la planète.
Si Colomban de Vargas a participé à de nombreuses missions classiques, la dernière est spéciale. De dures semaines sur le Tara, goélette conçue pour les mers froides et appartenant à Agnès b. et à son fils Etienne Bourgois. Dures car, sur ce petit navire, «on étouffe dès qu'il fait chaud», les nuits sont courtes, la mise en œuvre de l'équipement scientifique exigeante. Depuis septembre 2009, Tara s'est lancée dans un tour du monde de trois ans, financé sur fonds privés. Le projet scientifique, soutenu par le CNRS, consiste à récolter dans toutes les provinces oc




