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Eaux et forêts du Sahel

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Le projet panafricain de Grande Muraille verte peut-il enrayer la désertification et stopper l’exode rural ? Expérience-clé dans le nord du Sénégal.

ParSylvestre Huet
Envoyé spécial au Ferlo (Sénégal)
Publié le 13/09/2010 à 0h00

Accoudé à la clôture de barbelés, le sergent Faye des eaux et forêts de Tessékéré, ruisselle sous la pluie. Derrière, des jeunes s’activent. Ils creusent des trous dans la terre sablonneuse et y déposent des plants d’arbres. Dans cette parcelle de près de 600 hectares, solidement protégée, ils densifient un couvert végétal trop rare. Opération isolée ? Non, élément parmi d’autres de ce qui pourrait devenir un des programmes de développement les plus ambitieux du siècle : la Grande Muraille verte. Avec des majuscules s’il vous plaît. Une idée lancée en 2005, puis baptisée ainsi par Abdoulaye Wade, le président sénégalais jamais à court de formules chocs. Encore une machine à capter des milliards (le Fond mondial pour l’environnement a déjà promis 119 millions de dollars) au nom de la lutte contre la désertification et la pauvreté ?

Moutons au ventre rond

Le soupçon d’une simple opération marketing grandit, alimenté par les résultats mitigés ou les échecs des «barrières vertes» des pays circumsahariens depuis quarante ans. L’évocation d’une ligne de 15 km de large à travers le Sahel, de Dakar à Djibouti, comme si une palissade d’arbres devait lutter contre une hypothétique avancée du désert, n’est pas pour rien dans la critique des spécialistes européens.

Ce soupçon, Abdoulaye Dia, un géologue nommé à la tête de l'Agence panafricaine de la Grande Muraille verte, l'écoute en souriant. «Toutes les critiques sont acceptables… à condition de porter sur ce que nous faisons réellement et non sur une idé

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