Pour anticiper l'évolution du monde, certaines informations pèsent d'un poids très lourd. Voici l'une d'elles : en 2022, la Chine pourrait produire davantage d'articles scientifiques que les Etats-Unis. C'est écrit dans l'éditorial de la dernière livraison de Nature Publishing Asia, spécial Chine. Et cette prédiction n'a rien d'un pari fou de futurologue, elle ne fait qu'extrapoler l'évolution du nombre de publications scientifiques issues des laboratoires de ces deux pays depuis 1990.
Les chiffres peuvent donner le tournis. En 2000, la Chine produisait près de 30 000 articles scientifiques. Et près de 150 000 en 2010. De leur côté, les Etats-Unis sont passés, durant cette période, de 250 000 à 280 000 articles. En 2022, si les courbes se poursuivent, ils produiront chacun 350 000 articles.
Cette inflation suit une double logique : la croissance vigoureuse du nombre de scientifiques - 90% de ceux qui ont existé depuis deux mille ans sont vivants ; et des politiques d’évaluation malsaines qui les poussent à publier des résultats partiels, voire douteux, afin de booster leurs nombres de publications.
Mais le phénomène majeur des dix dernières années, c’est l’irruption brutale d’un nouveau géant de la science, la Chine.
L’empire du Milieu est dirigé par des ingénieurs qui ont appris une leçon de leur histoire : le dépeçage de leur pays par les puissances coloniales fut rendu possible par l’avance technologique et scientifique de ces nations. Aujourd’hui, l’effort de rattra




